Mon premier Ironman : 4 mois plus tard, je suis toujours vivant

Mon premier Ironman : 4 mois plus tard, je suis toujours vivant

Bon.

Je vais être honnête direct : quand j’ai vu passer l’info sur Simon Farre, l’athlète handisport de Chalon qui se lance dans un Ironman complet, j’ai eu un flashback. Celui du moment où j’ai cliqué sur « inscription » pour mon premier triathlon. 4 kilomètres de nage, 180 de vélo, 42 de course à pied. Les chiffres qui font mal rien qu’à les lire.

L’Ironman, c’est quoi au juste ?

Pour ceux qui débarquent (pas de honte, j’étais pareil y’a six mois), l’Ironman c’est la version XXL du triathlon. Tu prends les trois disciplines de base – natation, vélo, course – et tu multiplies tout par l’infini. Ou presque. Les distances officielles font flipper : 3,8km dans l’eau, 180km sur le vélo, et un marathon complet pour finir.

Franchement, la première fois que j’ai vu ces chiffres, j’ai cru à une blague. Genre le mec qui avait inventé ça devait vraiment détester l’humanité.

Mais non. Des milliers de personnes se lancent chaque année. Des fous ? Peut-être. Des passionnés ? Clairement.

Les drames récents qui font réfléchir

Faut pas se mentir, l’Ironman c’est pas sans risque. L’actualité nous l’a rappelé brutalement ces derniers jours avec le décès de Mara Flavia Araujo, une triathlète brésilienne, pendant l’Ironman Texas. Retrouvée trois heures après le départ dans le lac où se déroulait la partie natation.

C’est pas le premier drame du genre. Un autre participant est mort sur la même épreuve. La natation, c’est souvent là que ça coince. L’eau froide, le stress, les centaines de nageurs qui partent en même temps…

Mon premier Ironman

Perso, ça m’a fait gamberger. Pas au point d’arrêter (j’ai pas commencé pour rien), mais suffisamment pour revoir ma préparation.

Ma prépa perso (spoiler : c’est long)

Alors déjà, oublie l’idée de te pointer sur un Ironman avec trois semaines d’entraînement. J’ai commencé par des distances plus courtes. Sprint d’abord (750m/20km/5km), puis olympique (1,5km/40km/10km).

  • 6 mois minimum de préparation sérieuse
  • 4 à 6 séances par semaine
  • Un coach ou au moins un plan d’entraînement structuré
  • Budget conséquent (entre le matos et les inscriptions…)

Le plus dur ? La gestion du temps. Entre le boulot, la famille et l’entraînement, ta vie sociale elle prend cher. D’ailleurs ça me rappelle mes soirées gaming où je pouvais passer des heures sur des jeux comme Chicken Shoot. Maintenant j’ai plus trop le temps, mais bon, sur ce site tu peux toujours y faire un tour rapide entre deux séances.

Les galères qu’on te dit pas

Premier truc : la bouffe. Tu manges. Tout le temps. J’ai découvert le concept de « manger pendant l’effort » et franchement, avaler des gels énergétiques en pédalant à 35km/h, c’est pas naturel.

Deuxième truc : les fringues. T’as intérêt à investir dans de la bonne combi de triathlon parce que pédaler 180 bornes avec un maillot de bain mouillé… voilà quoi.

Les transitions aussi. Passer de la nage au vélo, puis du vélo à la course, ton corps il comprend pas. Les premières fois, mes jambes ressemblaient à du flanc. Maintenant ça va mieux mais c’est toujours bizarre comme sensation.

Pourquoi je continue malgré tout ?

Bonne question.

Y’a un truc addictif dans le triathlon. Peut-être le côté « je repousse mes limites ». Ou alors c’est juste que j’aime souffrir (ma copine penche pour cette option).

Plus sérieusement, la communauté est incroyable. Les gens s’encouragent, se soutiennent. Même en compétition, t’as toujours quelqu’un pour te filer un gel énergétique si t’es dans le rouge. Cette solidarité, elle fait du bien.

Et puis franchir la ligne d’arrivée après 10, 12, parfois 15 heures d’effort… c’est indescriptible. Tu pleures, tu ris, tu vomis parfois (glamour). Mais t’as réussi.

Mes conseils si tu veux te lancer

Commence petit. Vraiment. Un sprint triathlon pour tester. Si ça te plaît, tu montes progressivement.

Trouve un club ou un groupe d’entraînement. Seul, c’est dur de rester motivé quand il pleut et que ton réveil sonne à 5h30.

Investis dans le bon matos mais progressivement. Pas besoin d’un vélo à 8000€ pour commencer – quel modèle choisir dépend vraiment de ton budget et de tes objectifs. Mon premier tri, je l’ai fait avec un VTT (oui, j’ai morflé).

Écoute ton corps. Les blessures arrivent vite si tu forces trop. Une tendinite et tu perds deux mois. J’en sais quelque chose.

L’Ironman dans 6 mois ?

Mon objectif c’est septembre. L’Ironman de Nice si tout va bien. J’ai encore du boulot, notamment sur la partie natation (mes 100m en 1’45, c’est pas ouf).

Je stresse ? Un peu. Beaucoup même. Mais j’ai envie d’y arriver. De pouvoir dire « je suis finisher Ironman ». C’est con mais ça motive.

En attendant, j’enchaîne les kilomètres. Les muscles qui tirent, les ampoules, les réveils à l’aube. La routine quoi.

Si dans six mois tu vois passer un mec qui galère sur la ligne d’arrivée à Nice, pense à moi. Ce sera peut-être mon plus beau jour. Ou le pire. On verra bien.